Après les montagnes du Durmitor, nous avons terminé notre road trip par la côte du Monténégro, début juin. Pendant cinq nuits, nous avons logé à Petrovac na Moru et rayonné en voiture chaque jour, d’Ada Bojana, à la frontière albanaise, jusqu’au fond de la baie de Kotor.
Pour chaque étape, vous trouverez notre avis, les infos pratiques pour l’organiser et le point qui nous a le plus compliqué la vie sur place : le stationnement.

Petrovac na Moru : notre camp de base sur la côte du Monténégro
Pour ces cinq nuits, nous avons choisi Apartmani Lime, un petit appartement avec cuisine et parking privé. Sur une côte où les prix grimpent vite, il restait abordable, et le propriétaire était super sympa.
Le village en lui-même est assez balnéaire et sans grande surprise en journée. Sa plage est encadrée par le Kastio, une petite forteresse vénitienne, avec deux îlots au large. C’est le soir qu’il nous a vraiment plu : le bord de mer devient très agréable et le coucher de soleil vaut le coup d’œil. Il y a quelques restaurants, plutôt chers.

Surtout, sa position au milieu du littoral en fait une base idéale : comptez environ un quart d’heure de route jusqu’à Sveti Stefan, une vingtaine de minutes jusqu’à Bar, une heure jusqu’à Kotor et un peu plus jusqu’à Ada Bojana. Pas besoin de changer de logement pour tout voir.
Une voiture, presque indispensable
Pour enchaîner les étapes, une voiture est quasiment indispensable : les bus suivent les grands axes, mais pas les petites routes qui mènent aux forteresses et aux points de vue. Nous étions arrivés à Podgorica en bus et avions loué la nôtre en centre-ville, non sans une tentative d’entourloupe du loueur sur la carte de débit. Avec le recul, nous passerions par un comparateur comme DiscoverCars, dont le filtre « carte de débit » permet de voir directement les agences qui l’acceptent. Je vous raconte tout dans notre article pour conduire au Monténégro, avec nos conseils pour éviter ce piège.
Le sud de la côte : Haj-Nehaj, Stari Bar et Ada Bojana
La forteresse de Haj-Nehaj
Perchées sur un rocher au-dessus de Sutomore, les ruines de Haj-Nehaj se méritent par une courte montée, idéale de bon matin, avant la chaleur. Construit par les Vénitiens puis agrandi par les Ottomans, le fort surveillait la côte, et une fois en haut on comprend pourquoi : la vue s’étend loin sur la mer et le littoral.
Le sentier part du quartier de Zagrađe, juste avant Sutomore en venant du nord : une piste assez raide, puis un petit sentier jusqu’aux remparts. Comptez environ 200 m de dénivelé et 1 à 2 h aller-retour, visite comprise. L’accès est gratuit.

Stari Bar, la vieille ville de Bar
À quelques kilomètres de la ville moderne, au pied du mont Rumija, Stari Bar est l’ancienne ville médiévale, abandonnée après le tremblement de terre de 1979. On circule entre les remparts, les églises, l’ancien hammam et l’aqueduc, envahis par la végétation. C’est une jolie visite, même si ce n’est pas l’étape qui nous a le plus marqués.
L’entrée coûte environ 5 € par adulte (ouvert de 8 h à 20 h en été), et une à deux heures suffisent. Méfiez-vous des parkings près de l’entrée, plus ou moins officiels : nous nous sommes garés un peu plus loin, sans rien payer, et avons fini à pied.
Si vous avez un peu de temps, faites un détour par le quartier voisin de Mirovica, où pousse un olivier de plus de 2 000 ans, présenté comme l’un des plus vieux d’Europe.

Ada Bojana, à la frontière albanaise
Pour changer des villages côtiers, nous sommes descendus tout au sud, jusqu’à Ada Bojana. Cette île triangulaire s’est formée dans le delta de la Bojana, la rivière qui sert de frontière avec l’Albanie. Elle est surtout connue pour sa plage de sable de 3 km et son camp naturiste.
Honnêtement, la balade sur l’île ne nous a pas laissé un grand souvenir. Le plus joli, c’est finalement la vue sur le canal, bordé de maisons sur l’eau.

En revanche, c’est un super spot pour observer des serpents. Nous y avons notamment croisé une couleuvre mélanique, entièrement noire, bien cachée dans les herbes.

Si vous continuez vers l’Albanie, retrouvez notre itinéraire l’Albanie en 2 semaines.
Sveti Stefan et la baie de Kotor en une journée
Sveti Stefan, Budva, Kotor, Perast et Herceg Novi s’enchaînent sur la même route : nous les avons faits dans la même journée, avant de rentrer en faisant le tour de la baie. C’est faisable, mais la journée est bien remplie, surtout à cause du stationnement (voir plus bas). Pour gagner du temps, le ferry Lepetane–Kamenari traverse la baie pour environ 5 € par voiture.
Sveti Stefan
Premier arrêt, à un quart d’heure de Petrovac : Sveti Stefan, l’une des images les plus connues du Monténégro. Ce village fortifié du XVe siècle, relié à la terre par une étroite bande de sable, a été transformé en hôtel de luxe au milieu du XXe siècle. L’îlot est privé et ne se visite pas.
Nous nous sommes donc promenés sur la côte autour. Les plus beaux points de vue sont sur les hauteurs, le long de la route côtière, et depuis les plages voisines. Une petite heure suffit.

Budva
Sur la route de Kotor, nous nous sommes aussi arrêtés à Budva, la station balnéaire la plus fréquentée du pays. Sa vieille ville fortifiée s’avance sur la mer, mais ce jour-là, c’était complètement blindé. Si vous y passez, visez le début de matinée, et comptez 1 à 2 € de l’heure pour vous garer dans le centre.
Kotor
La vieille ville de Kotor, classée à l’Unesco, mérite son succès : ce n’est pas un endroit surcoté. Entre ses ruelles de pierre, ses petites places et ses églises, on la parcourt librement (l’entrée est gratuite), et une à deux heures suffisent pour en faire le tour.


Le revers de la médaille, c’est la foule : c’est vraiment très touristique, surtout quand les bateaux de croisière accostent juste devant les remparts. Si vous le pouvez, venez tôt le matin ou en fin de journée. Malgré le monde, ça vaut le coup de le faire au moins une fois.
Au-dessus de la ville, les remparts grimpent jusqu’à la forteresse San Giovanni : environ 1 350 marches et 280 m de dénivelé, soit 45 minutes à une heure de montée. Le billet coûte environ 15 € par adulte en 2026. Nous n’y sommes pas montés, mais c’est le point de vue le plus connu sur la baie. Pour une version gratuite et plus sportive, le sentier de la Ladder of Kotor part hors des remparts et grimpe jusqu’au col de Krstac (3 à 6 h aller-retour).
Dans la vieille ville, les visites les plus connues sont la cathédrale Saint-Tryphon, du XIIe siècle (entrée de quelques euros), le musée maritime et le petit musée des chats (environ 1 €), clin d’œil aux nombreux chats qui peuplent les ruelles. Depuis le port, des bateaux partent aussi vers la Grotte bleue de la presqu’île de Luštica, à partir de 25 à 30 € par personne en excursion de groupe.
Perast
À un quart d’heure de Kotor, Perast se visite rapidement à pied : une seule rue longe l’eau, bordée d’anciens palais et dominée par le clocher de l’église Saint-Nicolas. Un joli village, à voir en une petite heure sur la route.
Face au quai se dressent deux îlots : Saint-Georges et son monastère, et Notre-Dame-du-Rocher, une île artificielle construite par les marins de Perast. De petites barques font la navette vers Notre-Dame-du-Rocher pour environ 5 € aller-retour, en espèces, plus 2 à 3 € pour l’église et son musée. Nous ne l’avons pas fait.

Herceg Novi
Dernière étape, à l’entrée de la baie : Herceg Novi a été la plus calme des villes de la journée. Après la foule de Kotor, ça faisait du bien, et c’était l’endroit parfait pour profiter du coucher de soleil sur la baie.
La vieille ville s’étage en escaliers au-dessus de la mer, entre la tour de Kanli Kula et le fort de Forte Mare. Sans forcément y consacrer une journée, c’est une étape agréable sur le passage.

Se garer sur la côte du Monténégro : le vrai défi
La vraie difficulté de ces visites, sans hésiter, c’est le stationnement. Même hors haute saison, ces villages sont à la fois très étroits et très fréquentés.
Mon conseil : repérez les parkings à l’avance sur Google Maps, ils y sont bien référencés. Ceux du centre ou juste à côté sont presque toujours payants, mais en s’éloignant un peu on en trouve des gratuits. Faites votre choix avant d’arriver, sinon vous risquez de tourner en rond.
Pour vous donner un ordre d’idée des tarifs d’été (2026) : à Kotor, les parkings proches de la vieille ville coûtent de 1,90 à 4,80 € de l’heure selon la zone, sans forfait journée. Perast est piétonne une bonne partie de l’année : on laisse la voiture aux parkings des deux extrémités du village, autour de 8 € la journée, en espèces. À Budva et Herceg Novi, prévoyez 1 à 2 € de l’heure dans le centre, et à Bar, moins de 0,50 €.
Ayez toujours de la monnaie : le paiement par SMS fonctionne rarement avec une carte SIM étrangère, et la carte bancaire n’est pas acceptée partout.
Arriver tôt aide beaucoup. Mais si, comme nous, vous enchaînez plusieurs villages dans la journée, vous ne serez pas partout à la première heure : d’où l’intérêt de préparer chaque étape.
Combien de jours prévoir et quand partir ?
Nous avons passé cinq nuits sur la côte, et ce rythme nous a laissé le temps de voir le sud, de faire la baie de Kotor en une journée et même de monter randonner dans le parc du Lovćen. Avec moins de temps, comptez au minimum trois jours pour l’essentiel : un pour le sud de la côte, un pour la baie de Kotor et un pour souffler un peu entre les deux.
Nous y étions début juin, avant la haute saison, et il y avait déjà du monde à Kotor et à Budva. En juillet et août, la fréquentation et les prix grimpent nettement, et le stationnement devient encore plus compliqué. Juin et septembre restent les meilleurs compromis : la mer est déjà bonne, les journées sont longues et la foule un peu moins dense.
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